Bernières sur mer

Bernières sur mer

 

Bernières sur mer est située à la lisière du pays de Bayeux, le Bessin, tout en étant géographiquement et historiquement intégré au milieu de la plaine de Caen. Bernières sur mer compte 2390 habitants et s'étend sur 7.66 Km².Notre commune est la plus occidentale du Canton de Douvres-la-Délivrande, elle fait partie de la communauté de communes Coeur de Nacre, située à 19 Km au nord de Caen et 24 Km à l'est de Bayeux, son littoral s'étend sur 3 Km de long.

 

Bernières bénéficie jusqu'à la fin de l'époque moderne de deux atouts pour son développement et son enrichissement : les terres, favorables aux cultures de bon rendement, et l'estuaire de la Seulles, aménagé en zone portuaire. Le village récemment étudié en vue de la création d'une zone de protection pour ses quartiers les plus sensibles historiquement et architecturalement, est la seule commune de la Côte de Nacre à avoir bénéficié de fouilles archéologiques préventives, préalables à la construction d'une station d'épuration en 1998. Les vestiges d'un camp romain sont alors mis à jour. Un autre site romain au camp des Tombettes, est mentionné dans les textes, mais n'a fait l'objet d'aucune fouille.

Le bourg médiéval s'est développé dès l'époque de Guillaume le Conquérant, avec l'acquisition attestée par une charte d'un fief par l'évêché de Bayeux, probablement dans le secteur de l'actuel château de Semilly. L'église romane et des établissements publics sont alors édifiés. Obstacle à la croissance du village vers le nord et l'est, le cours de la Seulles nécessite très tôt des aménagements, et une politique d'assèchement des marais littoraux est mise en oeuvre. Quelques sondages archéologiques réalisés dans les années 1980, au lieu-dit la Rive, dernière parcelle de ces marais, ont prouvé l'existance d'un ensemble de structures exeptionnelles en bois et pierre, caractéristique des aménagements d'un port construit et des activités liées à cet établissement.

Entre le XVIIe et le XVIIIe siècle s'établit le premier habitat villageois groupé. Auparavant, le mur des grandes propriétés, comme celui du château de la Luzerne, ou les parcelles agricoles structurent ce village rustique. Le tracé des rues principales se fixe et les chemins à la mer sont nommés, comme le montre un document graphique daté de 1772. Les maisons possèdent deux étages, des toits pointus à deux versants et une ou deux lucarnes, un escalier extérieur voire un passage vers une cour matérialisée par un portail en forme d'arc surbaissé. Un plan de 1789 montre les dunes protégeant des terrains vierges et un sémaphore entre le rivage et un ancien castel. Le cadastre de 1808 fait état d'un fait majeur puisque le cours de la Seulles a disparu de la carte de Bernières. Une tempête a provoqué l'ensablement de l'estuaire et le détournement de la rivière au XVIIIe siècle modifiant les rapports économiques et sociaux du village et son environnement.

 

En juin 1944, lors du débarquement allié en Normandie, la plage de Bernières-sur-mer est le secteur Nan de Juno Beach, seconde plage la mieux fortifiée après Omaha Beach. Le général allemand Wilhelm Richter commande la 716e division gardant la région avec onze canons de 155 mm et neuf de 75 mm. La prise de ce secteur est assignée à la 3e Division d'infanterie canadienne commandée par le major-général Rodney Keller (décédé en 1954 lors d'une visite en Normandie).

Le 6 juin 1944, jour J, avec le commando Kieffer le Régiment de la Chaudière est la seule unité francophone à participer aux opérations à terre du débarquement. Commandé par le lieutenant Paul Mathieu de Québec, ce régiment de Canadiens français débarque à Bernières-sur-Mer après les Queen's Own Rifles of Canada et surprend la population locale qui ne s'attendait pas à rencontrer des troupes parlant le français. À la fin de la journée suivante, les forces canadiennes, 21 500 hommes (sans compter les pertes), font leur jonction avec les forces britanniques qui ont pris Sword Beach. Les pertes canadiennes (morts, blessés, disparus) sont d'environ un millier de combattants.

 

Bernières reste un pays de culture, modifié au XIXe siècle par les bains de mer puis par une urbanisation massive de la zone dunaire, au-delà des marais et de l'ancien port, mais pas avant les années 1950.

 

L'eglise Notre-Dame :

L'église Notre-Dame de la Nativité est inscrite aux monuments historiques depuis 1840, elle a été construite entre 1130 et 1140, au XIIIe siècle vient s'ajouter un haut choeur gothique et une flèche de pierre à huit pans culminant à 67 mètres, ce qui fait d'elle , une des plus monumentales du Calvados.

D'après la tradition, les pierres de l'église ont été extraites des rochers du Calvados. Des sépultures carolingiennes, exhumées du cimetière paroissial, indiquent probablement l'existance d'un édifice antérieur. Elles sont retrouvées sous le mur sud, lors de recherches menées afin de vérifier l'existance dans haut lieu de culte.

L'église a des dimensions exceptionnellement importantes pour une église rurale, ce qui laisse à penser que la paroisse était particulièrement riche. Son architecture, et notamment la base du clocher et les deux travées occidentales de la nef, est propre au style de transition entre le roman et le gothique. Le choeur, à chevet plat, est quant à lui de la fin du XIIIe siècle. Le clocher utilisé comme fanal pour les marins, est surmonté d'une flèche octogonale très élancée. Le bâtiment fait l'objet de plusieurs transformations. Les chapelles nord et sud sont aménagées en 1616 par Jacques de Cauvigny dont la famille demeure la plus influante du bourg jusqu'en 1700. Le 8 juillet 1838, la Société pour la conservation des monuments d'Arcisse de Caumont transmet au Ministère de l'intérieur une pétition de la municipalité, sollicitant la restauration du clocher du XIIIe siècle. Les travaux ont lieu de 1849 à 1851.

A l'intérieur nous pouvons observer : Une peinture sur bois datant du dernier quart du XVIe siècle l'oeuvre d'un cercle d'artistes nordiques représente la Crucifixion. Un maître-Autel de bois, structure doré et peinture sur bois de 1660, offert par le seigneur de la Luzerne: Antoine de Touchet, il est composé de deux colonnes torses surmontées de statues d'anges entourant une niche abritant la Vierge à l'Enfant et en son centre un tableau de la Naissance de la Vièrge. L'ancienne horloge de l'église de 1935 sous vitre dans le bas côté sud de l'église. Trois Ex-Voto témoignant du passé maritime du village.

 

Le château et ferme de la Luzerne :

Le fief de la Luzerne, qui marque l'entrée orientale de Bernières, appartient à Hugues de Luc, puis à Jean du Bois. Edifié par Henri de Thioult, ce château est le plus ancien de la commune. La date de 1491 est inscrite au sud-est du bâtiment dont la porte d'entrée est ornée de rinceaux et d'arabesques avec des salamandres et des levrettes. Les deux ailes sont en revanche l'une du XVIIe, l'autre du XIXe siècle. Louis Thioult de Rucqueville vend la propriété à Moisant de Brieux, fondateur de l'Académie de Caen en 1652 et ancien avocat du parlement de Rouen, qui fait construire l'orangerie et probablement l'aile de la propriété. Au XVIIIe siècle, Antoine de Touchet, descendant de Moisant, et dont la famille est l'une des plus importantes à la veille de 1789, met en place les armoiries. Pendant la Révolution, le château, qui devient propriété de la commune, fait l'objet d'un procès, gagné par les Touchet. Du XIXe au XXe siècle, il appartient aux Tesnière. En 1944, près de 80 obus tombent dans la propriété, mais le bâtiment est épargné. Sur les rampants sont sculptés à l'ouest un lion soutenant un écusson et à l'est une sirène.

Le fief possédait également une ferme. Le logis du XVIIe siècle, à cinq lucarnes, est composé d'éléments datant pour certains du XVe siècle. La grange, dont la charpente est du XVIe siècle, remonte à la constructiondu château. Elle a servi de lieu de culte aux protestants. Le colombier est construit au XVIe siècle. La toiture de ce dernier, qui a servi de fanal, est entièrement refaite après avoir été rasée lors de la Première Guerre mondiale. Les écuries et la remise au nord de la grange sont du XVIIe siècle. Les bâtiments d'exploitation sont séparés du manoir dès la fin du XIXe siècle. En effet, à cette date, ils sont loués par des fermiers. La propriété est aujourd'hui devenue l'auberge de la Luzerne, avec restaurant et chambres.

Le terme luzerne, du latin lucerna, évoque peut-être un lieu de culte éclairé. le nom du château fait sans doute référence à une source lumineuse qui a probablement guidé des marins en mer.

 

Le château de Quintefeuille :

Quelques millénaires avant l'ère chrétienne, le rivage de Bernières sur mer est probablement recouvert par la forêt de Quintefeuille, que les flôts submergent par la montée du niveau de la mer. Ce château serait construit sur l'ancien emplacement de la forêt. Son nom, donné par la famille Brouard, au XXe siècle, fait directement référence à cette immense forêt qui recouvrait un large secteur allant d'Asnelles à Luc sur mer. L'édifice du XVIIIe siècle est construit dans le style Louis XV sur les vestiges d'un bastion du Moyen Âge, et entouré d'un parc à la française qui comprenait des pièces d'eau. Le rez de chaussée surélevé abrite les caves et les cuisines semi-enterrées. L'étage noble est desservi par un escalier extérieur à deux volées. L'entrée est marquée par un avant-corps central saillant couronné par un important fronton au niveau des combles, lesquels sont percés de lucarnes. Il appartient successivement aux Morant de Courseulles, aux Perthuis Lecoq-Beauxamis, puis au comte Milhau et aux Brouard. Le domaine, le plus vaste de la commune, est à une époque coupé en deux par une voie baptisé la "Ruette Blanche".

 

Le château de Semilly :

Le fief de Semilly, site du premier fief Bernièrais, et dont la famille domine le territoire à la Renaissance, passe aux Roussel puis aux Cauvigny. Le château actuel est composé d'un corps de logis flanqué de deux avant-corps latéraux en légère saillie. La partie centrale, probablement postérieure, est formée d'un péristyle à quatre colonnes. Organisée sur quatre niveaux, elle est couronnée par une terrasse à balustrade. Le château abrite un escalier intérieur de style Louis XIII et une cheminée du XVIIe siècle. Le long des hauts murs entourant la propriété, se trouvent de part et d'autre du château deux pavillons symétriques datant du XVIIe siècle, qui formaient autrefois le limite sud du domaine. En 1927, le colonel Brunet, successeur des Cauvigny, conserve le cachet des anciens habitants, dont ceux de ces prédécesseurs, des Frequienne et des Banville. Les bâtiments qui subsistaient de l'ancien château du XVIe siècle sont détruits par les bombardements de 1944. Le parc s'étend à l'origine jusqu'à la mer. Au moyen d'un canal relié au port, les bateaux pouvaient alors aborder à son extrémité, comme le montre encore la présence d'anneaux d'amarrage sur le mur nord de la propriété.

 

La maison des Canadiens :

Probablement la 1ère maison libérée sur le sol français par les Forces Alliées qui ont débarqué sur les plages normandes, à l’aube du jour J le 6 juin 1944. Cette villa de style Anglo-Normand a été épargnée par les obus lors du débarquement. Unique demeure du début du XXe siècle en bord de mer, elle est aujourd'hui divisée en deux dont l'un de ses propriétaires en a fait à la fois sa villa mais aussi un lieu dédiée au Queen's Own Rifles of Canada, ce corp ayant libéré la ville avec les Anglais du Royal Berkshire Regiment. Chaque année des commémorations ont lieu en présence de représentant de ces unitées.

 

L'hôtel Belle Plage(QG des journalistes) :

Cet hôtel est construit au début de l'essor balnéaire de la ville. Dès les prémisses du débarquement, il abrite le quartier général des journalistes anglais et canadiens. Une inscription sur les murs indique en effet que le premier bureau de presse canadien et anglais y est alors installé, et que le 8 juin 1944 à 10h30, les premiers reportages destinés à la presse et à la radio mondiale y sont rédigés.

 

L'ancienne gare(Office de tourisme) :

Le chemin de fer de Caen à la Mer fut réalisé en plusieurs tronçons. Caen-Luc fut inauguré le 30 juin 1875, Luc –Saint Aubin le 8 avril 1876 et enfin Saint Aubin-Couseulles le 31 août 1876.

La ligne desservant Bernières et sa gare (aujourd’hui transformée en Office de Tourisme) connu son "âge d’or" à la fin du XIXe siècle et au début du XXe avec la mode des bains de mer et le développement des stations balnéaires. L’intérêt alors porté sur la mer et ses bienfaits a contribué à l’apparition des cabines de plage dont les alignements sur le rivage existent encore de nos jours. Les trains ralliaient autrefois directement Paris à la Côte de Nacre. L’arrêt de l’exploitation de la ligne a lieu en 1952.

 

Les graffitis de bateaux

Plus de 200 graffitis sont gravés sur les murs de Bernières, représentant majoritairement des bateaux dont l'identification et la datation sont permises grâce à la précision des dessins. Plusieurs hypothèses ont été avancées afin d'expliquer la présence de ces graffitis. Selon les dernières, soit les marins, de retour à terre après des voyages au long cours, enseignaient, en les dessinant, les navires qu'ils avaient pu rencontrer, soit, charpentiers de marine, ils gravaient des bateaux sur les maisons qu'ils construisaient lorsqu'ils travaillaient à terre.

 

Les falaises du Cap Romain

Plus petite réserve naturelle de France à l’époque de sa création en 1984, la falaise du Cap Romain, dont le "pied" se prolonge en mer sous la forme d’un platier rocheux, résulte de l’érosion de sédiments principalement calcaires par la mer dont le niveau ne cesse d’augmenter depuis 10.000 ans, date de la fin du dernier épisode glaciaire.

Le site, protégé, renferme des récifs d’éponges avec toute une faune associée qui vivaient il y a 165 millions d‘années sous un climat tropical similaire à celui des Bahamas aujourd’hui. Les couches de loess ocres qui coiffent la falaise traduisent, elles, une période glaciaire (durée approximative : -100.000 ? -10.000 ans) pendant laquelle les conditions climatiques (gel, vent) ont formé ces dépôts. Le gigantesque glacier qui recouvrait la Scandinavie et une grande partie des îles britanniques est à l’origine de ces dépôts qui sont en quelque sorte de la poudre de roche (les glaciers se déplacent et raclent le sol). Les gros blocs de roche visibles sur la plage, dont la nature est différentes des roches locales, sont appelés des gas et ont été transportés à l’intérieur de radeaux de glace qui en fondant ont déposé leur chargement.

 

Le monument signal et la place du 6 juin 1944 :

Le monument signal de Bernières fait partis d'un ensemble de monuments commémoratifs dédié au débarquement du 6 juin 1944. Ils sont au nombre de dix répartis dans le Calvados et La Manche. Ils ont été érigés par le Comité du débarquement de Normandie. La réalisation, portée par le service des Monuments historiques, est confiée à l’architecte en chef Yves-Marie Froidevaux. Le premier (prototype), en forme de cheminée de navire, est érigé à Bernières, la première pierre fut posée le 6 juin 1949 en présence du Maréchal Montgomery et de Raymond Triboulet, président du Comité du débarquement. A l’intérieur de cette pierre, une douille a été scellée et contient un texte relatant l’évènement. Le monument fut inauguré officiellement le 19 novembre 1950 en présence d'Antoine Pinay ministre des Transports et du Tourisme et du général Vannier ambassadeur du Canada.

Chacun est conçu sur une forme proche mais toujours différente. Ils comportent une phrase, écrite en français et anglais : « Ici le 6 juin 1944, l’héroïsme des Forces Alliées libère l’Europe ».

Les autres monuments signal sont visibles à : Carentan, Sainte Mère Eglise, Saint Martin de Varreville pour La Manche et Ouistreham, Saint Laurent sur mer, Bénouville, Graye sur mer, Arromanches, Isigny sur mer pour le Calvados.

 

Le blockhaus de la Cassine et la place du Canada :

Cette place, appelée ainsi par décision du conseil municipal le 24 mars 1973, commémore l'action du régiment canadien lors de la Libération de Bernières sur Mer. Elle conserve les vestiges du blockhaus de Cassine, ainsi dénommé car une grande villa du même nom a été rasée pour l'édifier vers 1940. Armé de trois mitrailleuses et d'un canon, il cause la perte de nombreux alliés.

Des stèles sont érigées en la mémoire des soldats tombés lors du débarquement et des plaques en bronze ont été posées, portant le nom des différents régiments auxquels appartenaient ces combattants.

 

L'Inukshuck :

Cette stèle qui se trouve entre la plage et la départementale 514, à proximité de l'office de tourisme représente un empilement de pierres (ou cairn) appelé : Inukshuk. C'est le point de repére des voyageurs qui parcourent le Grand Nord canadien, il est dédié á la mémoire des soldats du Canada tombés á Bernières sur Mer le 6-juin 1944.

Les dunes et les marais :

Les marais de Bernières sont en fait des méandres abandonnés lorsque la rivière La Seulles se déplaça de Bernières à Courseulles après le XVIIe siècle. Ce sont des marais maritimes, séparés du rivage par un cordon dunaire, qui ont souffert de l’urbanisation du bord de mer. Sans l’intervention de l’homme, au sein de dépressions et aux abords de prairies marécageuses règnent des milieux possédant une faune et une flore d’une exceptionnelle richesse. Roseaux et hautes herbes des marais ont la propriété d’absorber différentes substances contenues dans l’eau. Ces milieux jouent un rôle important pour l’épuration naturelle des zones humides.

Une dune n’est pas qu’un simple tas de sable inerte déposé à un endroit précis pour toujours, elle est vivante, mobile (à l’état naturel) et fragile. La dune assure de multiples fonctions : outre sa richesse écologique, elle est un rempart contre la houle qu’elle amortit, contre le vent et les embruns qu’elle absorbe et dévie, contre le sable que sa couverture végétale piège.

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